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Un Animal Dans La Lune Explication Essay

icon-angle-double-rightL’Abbé Guilon

Commentaires et analyses sur « Un animal dans la Lune » de MNS Guillon – 1803.

Un Animal dans la lune…
Ce récit n’est point fabuleux. Le poète a soin de l’observer lui-même dans ce vers, Naguère l’Angleterre , etc.)
(1) Pendant qu’un philosophe assure, etc. Ce philosophe est Démocrite. C’est lui qui a fourni aux Pythagoriciens tout ce qu’ils ont imaginé contre le témoignage des sens, a dit Bayle, dans son Dict. critique. De l’école de Pythagore , cette prévention se transmit à celle du Portique, dont un des oracles disait encore : « Les sens ! ils t’éclairent mal ) ils sont sujets à l’erreur ». (Pens. de Marc-Aurele, ch. 33.)
(2) Un autre philosophe jure. Épicure, dit M. de Fénelon , croit que nos sens n’appercoivent que des objets actuellement présents, et que par conséquent ils ne peuvent jamais se tromper, quant à l’existence de l’objet. C’est pourquoi, dit-il, c’est être
fou , que de n’exiger pas en ce cas-là le rapport des sens pour avoir recours à des raisons. ( Vies des anc. philosophes, p. 463. éd. de Paris, 1740)
« On peut dire de nos sens ce que l’on dit de la raison; car de même qu’elle ne peut nous tromper, lorsqu’elle est bien dirigée, c’est-à-dire, qu’elle suit la lumière naturelle que Dieu lui a donnée, qu’elle ne marche qu’à la lueur de l’évidence , et qu’elle s’arrête là où les idées viennent à lui manquer ; ainsi les sens ne peuvent nous tromper, lorsqu’ils agissent de concert, qu’ils se prêtent des secours mutuels , et qu’ils s’aident surtout de l’expérience. C’est elle surtout qui nous prémunit contre bien des erreurs que les sens seuls occasionneraient. Ce n’est que par un long usage que nous apprenons à juger des distances par la vue, et cela en examinant par le tact les corps que nous voyons, et en observant les corps placés à différentes distances, et de différentes manières, pendant que nous savons que ces corps n’éprouvent aucun changement. » ( Encyclop. art. Sens. )
(3) La nature ordonna, etc. On a vu rarement étaler ces principes en prose aussi fortement que La Fontaine les approfondit en vers.

Pendant qu’un Philosophe assure,
Que toujours par leurs sens les hommes sont dupés,
Un autre Philosophe jure,
Qu’ils ne nous ont jamais trompés.
…………………………………..
Mais si je le voyais là-haut dans son séjour,
Que serait-ce à mes yeux que l’œil de la nature ?
Sa distance me fait juger de sa grandeur ;
Sur l’angle et les côtés ma main la détermine ;
L’ignorant le croit plat, j’épaissis sa rondeur ;
Je le rends immobile, et la terre chemine.
Bref je démens mes yeux en toute sa machine.
Ce sens ne me nuit point par son illusion.
Mon âme en toute occasion
Développe le vrai caché sous l’apparence.
Je ne suis point d’intelligence
Avecque mes regards peut-être un peu trop prompts,
Ni mon oreille lente à m’apporter les sons.
………………………………….
On en rit. Peuple heureux, quand pourront les François
Se donner, comme vous, entiers à ces emplois ?
Mars nous fait recueillir d’amples moissons de gloire :
C’est à nos ennemis de craindre les combats,
A nous de les chercher, certains que la victoire,
Amante de Louis, suivra partout ses pas.
Ses lauriers nous rendront célèbres dans l’histoire.
Même les filles de Mémoire
Ne nous ont point quittés : nous goûtons des plaisirs :
La paix fait nos souhaits et non point nos soupirs.
Charles en sait jouir : Il saurait dans la guerre
Signaler sa valeur, et mener l’Angleterre
………………………………..

(4) L’œil de la nature, La Fontaine emprunta cette expression d’un poème qui n’est plus connu que par ses extravagances, la Magdeleine du père S. Louis. Elle se lit à la seconde page. Cet écrivain la tenait lui-même du poète latin G. Pisides ( dans la Création du monde ) , où il dit : « Le soleil est la commune lumière du monde, l’œil dont le regard embrasse tout ce qui existe. ( Voyez Ricard, Sphère , poème , p. 450. )
(5) Avecque mes regards. Avecque se trouve fréquemment de trois syllables dans nos anciens poètes. Malherbe :
Et n’ai pas entrepris de soulager ta peine ,
Avecque des mépris.
( Ode a du Perrier. )
Corneille :
Qu’on est digne d’envie ,
Quand avecque la force on perd aussi la vie. (Le Cid, act. II, sç. 7)
Ils l’avoient pris de leurs devanciers. Charles d’Orléans : Pour passe-temps avecque fans dangiers, etc. etc.
(6) Se donner comme vous entiers à ces emplois. Corneille avoit mis dans les premières éditions de Cinna :
Et sont-ils morts entiers avecque leurs desseins ?
Il substitua par la suite : sont-ils morts tout entiers. Cette expression est restée. La première n’est plus en usage , quoiqu’elle traduise plus littéralement l’omnis des latins, comme dans le vers d’Horace: non omnis moriar.
(7) Même les Filles de mémoire
Ne nous ont point quittés. Encore en 1709 , M. de la Monnoye célébrait par un beau poème la protection toujours égale que le roi Louis XIV ne cessoit d’accorder aux lettres et aux arts, au milieu même du tumulte des armes. ( V. ses Œuvres, T. I, in-4°. p. 65. )
(8) Charles en sait jouir. Charles II, roi d’Angleterre, dont on peut voir le portrait par le célèbre duc de Buckingham, dans la premier Vol. des (Œuvres de S. Evremond, p. 193. (Un Animal dans la lune)

Analyse des fablesanimalGuillonlune2015-01-11

Rue des Fables

Séquence 2 / Convaincre, Persuader, Délibérer
Texte 5

La Fontaine, un animal dans la lune

L’auteur / l’époque :
L.F. évoque un problème politique lié à l’actualité : en 1674, l’Angleterrede Charles II
alliée à la France dans « la guerre de Hollande » menée par Louis XIV (1672-1678) vient de
choisir la paix, en se retirant du conflit.

Plan et analyse
I) Anecdote illustrant 2leçons
V.1 à 45 : ⇒ discours explicatif, emploi du présent de vérité générale et
de la 1ère personne, ⇒ poésie didactique, 1ère leçon ⇒ les sens sont
fiables ‘ils sont corrigés par laraison.
V.42 à 54 : ⇒ récit qui développe le titre, emploie du passé simple, et
3ème personne, ⇒ anecdote inspirée d’un fait réel avec un personnage
héros : Charles II qui découvre le mystère de labête
V.54 à 72 : ⇒ discours personnel du fabuliste, ⇒ 2ème leçon ; emploie
du futur et imparfait qui exprime un souhait pour l’avenir (de la France)
et « nous » ⇒ les Français

II) Positionset valeurs défendues par L.F.
La raison et les sens : v.1 à 41 ; il exprime 3x sa thèse : 1) v.5 à 12 ; 2)
v.23 à 29 ; 3) v.31 à 33. Elle est exprimée sous forme de paradoxe avec
énoncécontradictoire ⇒ synonymie entre tromper et mentir. V.15 à 22
ex du soleil avec la correction par des calculs trigos.
Critique de la superstition : critique qui apparaît dans le récit et dansl’énoncé au style indirect libre, qui rapporte l’hypothèse aberrante et
astrologique v.46 à 4 est ridiculisée par la chute du récit qui résout
l’énigme « on en rit » ⇒ phrase allusive.
Eloge de lapaix : dvpt des sciences « hautes connaissances » du roi,
dvpt des beaux-arts. Comparaison entre Louis XIV et César, Charles II
et Auguste, Auguste étant supérieur à César.

Conclusion
Rejetdes superstitions, valorisation des sciences et des arts, les valeurs de L.F. sont
celles des lumières. L’Angleterre, par l’intermédiaire de son roi est donné en model dans cette
fable....

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